Colloque « La religion saisie par le droit » : une réflexion franco-tunisienne sur les rapports entre droit et religion
Publié le 21 novembre 2025
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Mis à jour le 19 décembre 2025
Date(s)
Lieu(x)
Campus Trotabas, En ligne
Le CERDACFF a accueilli le 20 novembre 2025 un colloque international explorant les interactions complexes entre droit et religion, réunissant chercheurs français et tunisiens autour des enjeux de laïcité, neutralité et libertés fondamentales.
Le jeudi 20 novembre 2025, la Faculté de droit et science politique de l'Université Côte d'Azur, en la personne de sa Doyenne, le Professeur Eva Mouial, a accueilli le colloque « La religion saisie par le droit », organisé conjointement par le CERDACFF, le Centre arabe de recherches et d'études politiques de Paris (CAREP Paris), le laboratoire « Légisprudence et Jurisprudence » et la Faculté de Droit et des sciences politiques de Tunis (Université Tunis – El Manar).
Sous la direction scientifique de Madame Imen Abdelhak et Madame Amel Bouhjar (Université Tunis El-Manar), du Professeur Asma Nouira (CAREP Paris) et du Professeur Christian Vallar, Doyen honoraire (Université Côte d'Azur), cette rencontre scientifique a exploré les dynamiques entre liberté de religion, ordre public et droits fondamentaux. L'événement, qui s'est déroulé en format hybride visait à comprendre comment le droit encadre, protège et parfois limite les phénomènes religieux.
La matinée, modérée par le Doyen Christian Vallar, était consacrée à « La confection de la règle de droit face au fait religieux ». Le Professeur Marc Guerrini (professeur de droit public, Université Côte d'Azur) a abordé le traitement de la fin de vie dans un État laïque à travers l'exemple français. Madame Olfa Attia (Maître de conférences en droit privé, Université Tunis El-Manar) a présenté l'intégration de la finance islamique en droit bancaire tunisien, tandis que Madame Imen Abdelhak (assistante en droit privé, Université Tunis El-Manar) s'est intéressée au langage juridique entre règles impératives et création jurisprudentielle. Madame Lévana Charbit (doctorante contractuelle en droit public au CERDACFF), a conclu cette session par une intervention sur la règle fiscale face au fait religieux.
L'après-midi, sous la modération du Professeur Asma Nouira (Professeure de science politique, chercheure au CAREP), la session « La mise en œuvre de la règle de droit face au fait religieux » a proposé une approche comparative franco-tunisienne. Le Doyen Christian Vallar et Madame Raya Choubani (Maître de conférences en droit public, Université Tunis El-Manar) ont analysé la neutralité du service public à l'épreuve des signes vestimentaires, respectivement dans les cas français et tunisien, mettant en lumière le rôle du juge. Madame Amel Bouhjar (enseignante chercheuse en droit privé à l'Institut supérieur de gestion de Tunis), a traité de l'interprétation de la règle de droit et la neutralité religieuse du juge. Monsieur Jean-Joël Governatori (avocat, docteur, chercheur associé au CERDACFF), a clôturé les interventions en examinant la prise en compte du fait religieux dans le processus de médiation comme mode alternatif de règlement des conflits.
Ce colloque a permis d'engager une réflexion approfondie sur les enjeux d'inclusion, de cohésion sociale et de gouvernance démocratique dans des sociétés où la régulation juridique du fait religieux soulève des tensions constantes entre respect des convictions et affirmation des principes de laïcité, d'égalité et de neutralité.
Revoir les vidéos du colloque sur le site CAREP Paris